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Date de création : 15.05.2012
Dernière mise à jour : 12.01.2020
73 articles


Au côtés de Mère Teresa à Calculta et à Oslo

Au  côtés de Mère Teresa à Calculta et à Oslo

             Aux côtés de Mere Teresa

pour la remise du prix Nobel de la Paix,  Christian Daleau                                                                                                      

 

A Triaize, le 2 octobre 1935, venait au monde Christian.   A l'orée du bourg, ses yeux s'ouvrent sur l'horizon sans fin des canaux et du marais, dans la petite ferme familiale.

 

Le bon élève qu'il était entre en Sixième à Saint Michel de St Laurent sur Sèvre. C’était le 29 septembre,  avec le P. Morin curé de Triaize et le P. Fortin qui emmenait Gilles Hybert. Une poussive 201 avec deux malles sur le toit, celle de Gilles et celle de Christian. L'institution des Sœurs de la Sagesse est devenue une annexe du petit séminaire de Chavagnes trop petit pour les nombreux candidats. C'est l'après-guerre. Pour la rentrée on arrive en voiture à cheval ou avec la "4 Chevaux Renault" flambant neuf', en camion G.M.C. américain des carrières Sicot de Chateaumur ou sur des automobiles d'avant-guerre, telle la 402 Peugeot rescapée des réquisitions allemandes, dans la famille Cunaud.

 

La passion des études ne quittera pas le jeune Christian. Sur la cour en promenade le jeu est obligatoire. Christian acceptera de donner un coup de pied distrait au ballon qui passe ou de ramasser une « balle au chasseur »mais il n’apprécie rien plus que les discussions passionnées avec ses jeunes camarades que le règlement obligeait encore à vouvoyer.

 

Passion pour le grec et le latin. Ce qui conduira Christian à se porter volontaire pour préparer à Strasbourg une licence de lettres après le service militaire et l'Algérie.

 

Ordination le 8juillet 1961 à Luçon. Nomination à Ussel. A l'université de Clermont et tout en enseignant, préparation du CAPES : ce qui était plutôt rare chez les prêtres à l'époque.

 

En 1977 Christian va quitter la sécurité du professorat pour se consacrer au service de 1’Œuvre de Mère Teresa. C'est le début d'une prestigieuse aventure. Christian réside à Lyon. Responsable de la revue « « Amour Sans Frontière » il y rédige de remarquables éditoriaux inspirés de l'évangile.

 

Retour en Vendée en 199I. Christian qui avait déjà écrit deux ouvrages sur la Bible produira un livre retraçant les grandes lignes de la vie de Mère Teresa: « Tout pour Jésus »

 

"A l'occasion du 40' anniversaire de la fondation de l'ONU "De nombreuses rencontres avec elle, au long des douze dernières années, m'ont permis d'entrevoir, à travers ses réalisations l'irrésistible élan qui animait cette femme`

 

SEJOUR A CALCUTTA

 

Christian avait appris l'allemand au séminaire. Mère Teresa parle anglais. A Paris, Rome et Oslo il accompagne la Mère, mais c'est surtout de Calcutta qu'il va nous parler !

 

"Il faut avoir participé à l'Eucharistie matinale dans la chapelle qui occupe tout le premier étage du bâtiment principal, pour comprendre à la fois l'intensité de la vie intérieure de la congrégation et l'inconfort d'un local où s'entassent 350 à 400 personnes"

 

Christian met la main à la pâte: "Qui est cet homme, cette femme, que j'aide à avaler sa nourriture alors que ses mâchoires crispées par la fièvre ont peine à se desserrer? Moins m’importe son identité civile, sociale ou religieuse, que sa souffrance! "C'est toi, frère, sœur, qui m’apportes, l'amour', dit Mère Teresa. "Et toi, mon petit, douze ans, je ne t'oublierai jamais. Tes scrofules ne me font pas illusion... Tu grelottes ? Donne ta chemise, je vais t’aider à la passer sans en salir les manches aux pommades grasses. Tiens, voici une couverture supplémentaire. Etends toi, dors je ne te quitte pas des yeux, pendant que j'apporte des comprimés à tes voisins. Ah ! Te voilà réveillé, ton geste dit ta faim... Voici une banane supplémentaire"... Quand je suis revenu trois jours plus tard, il m’a sauté au cou. Si je ne comprenais pas son bengali, ni lui mon piètre anglais, ce langage là... nous l’avons tous les deux compris.

 

NIRMAL HRIDAY

 

Il m’a été donné de passer une étonnante fête de Noëlen ce lieu. La messe devait commencer à 9 heures 30. Le retard de Mère Teresa ne s'expliquait que par le fait qu'elle avait trouvé le long de la route deux moribonds que nous avons disposés sur les premiers lits disponibles : deux hommes, relativement jeunes, dans le coma. Comme c'est grande fête, des amis sont venus et même avec leurs enfants ... je trouvais déplacé de les faire patienter. L'indien sait attendre.

Mère Teresa vient me chercher: "Un homme demande le baptême. Si vous n'étiez pas là, je le ferais, mais vous êtes prêtre, c'est vous qui baptisez". Jamais baptême ne m’émut tant ! Et pourtant, il était réduit à sa plus simple expression : l'eau versée d'un gobelet et la parole sacramentelle, Revenant à la table qui sert d’autel, près de l'entrée, je suis arrêté par une jeune Française que je "croyais connaître'. ‑ "Non, je ‑vous ai pas tout dit: il y a des années que je ne mets pas les pieds à l'église en France. Mais ce que j'ai vécu ici depuis trois mois au contact des sœurs m'a poussé cette nuit à la messe de minuit et à la communion Tiens, lui dis-je, tu vois, Noël n’est pas une fête d’il y a deux mille ans. C'est aujourd'hui que Jésus renaît pour toi."

Deux ans plus tard, elle écrivait du fond du Gabon où elle était partie s'occuper d’enfants handicapés: "Priez pour que je ne perde jamais de vue la Lumière qui a brillé dans ma vie cette nuit là".

Inutile d'insister sur l'émotion de cette messe de Noël! De plus, nous venions de voir Mère Teresa elle-même parler aux malades, dorloter tel ou tel, allant d'un lit à l'autre, démarche sûre, geste affectueux, prodiguant un peu de la bonté de Dieu...

 

KALIGHAT

J'ai passé un mois et demi à Kalighat. J'ai donc eu le temps de connaître certains malades et je puis vous assurer que la disparition de certains d'entre eux ‑ de deux en particulier‑ m'a profondément peiné.

Il faut avoir vécu une messe à Kalighat pour pénétrer pleinement cette atmosphère de paix et de sérénité qui règne en ce lieu.

 

L'ORPHELINAT : Shishu‑Bhavan

Intrigués par les cris des bébés, vous entrez ; et vous êtes tendrement assaillis. Celui-ci, orphelin, cherche une affection. L'autre, handicapé, vous adresse un sourire si éloquent. Un troisième pleurniche, s'agrippe à vous... et Jean­-qui‑pleure devient Jean‑qui‑rit. Vous êtes pris, vous reviendrez le faire jouer ou l'aider à manger. Ici, c'est Noël chaque jour.

 

Avec son humour traditionnel, Mère Teresa m'introduit dans une salle où, à raison de deux bébés par berceau, tête-bêche, quarante cinq nourrissons grandissent sous le regard maternel des sœurs. Elle me demande de l'aider à transférer dans un nouveau bâtiment, au fond de la cour, meilleur et plus spacieux, ces tout petits. Elle en prend un sur chaque bras, me regarde avec un éclat de rire qui confine au défi : "Faites en autant !" ‑ "Non, je ne suis pas habitué et je ne veux pas casser ces petits trésors, je n'en prends qu'un... et je vous suis". Nous traversons la cour, sous le regard amusé des sœurs. Comme elle aime la plaisanterie jusqu'à la taquinerie, je lui dis : "Vous avez l'air au paradis ! " ‑ "Non, reprend elle, dans l'antichambre seulement".

 

Suit le temps du jeu.

 Un enfant fait signe qu'il veut venir au cou, ce qui en donne l'idée à un deuxième. Comme le sol est couvert d'un tapis mousse, pas de danger ! Je soulève les deux et les laisse tomber, en tombant près d'eux... histoire de rire ! Une sœur aperçoit la manœuvre, s'approche et dit ‑ "Puisque ça marche si bien, emmenez donc ces quarante à la terrasse pour les faire jouer... !" Interloqué, j'emmène les enfants et les dispose en rond pour leur expliquer le jeu de la chandelle : on met le foulard derrière l'un ou l'autre, en tournant autour du cercle. Chacun doit veiller, et, s'il découvre le foulard derrière lui, doit se lever vite et recommencer. L’art de perdre son temps, me direz-vous. Il est bon de se remettre à la portée des enfants, maîtres des adultes trop sérieux ! "Si vous ne devenez semblables à de petits enfants...»

 

Dans une usine désaffectée:

Arrivant un jour à l'improviste, j'entendis des chants religieux à l'intérieur. Un des pères jésuites du collège Saint Xavier célébrait la messe. Près de la porte, debout, la supérieure nous fit signe d’entrer. La cérémonie achevée, je lui dis mon étonnement de voir ces femmes hindoues ou musulmanes participer à la messe. Devinant mon arrière-pensée d’une quelconque pression, la sœur sourit : "Ce sont ces dames hindoues et musulmanes, qui m'ont demandé de venir prier et chanter avec nous".

Sœur Barbara m'emmène dans une tournée ‑ visite des malades ; une jeune se débat dans une sorte de crise d’épilepsie.

 

SEALDAH Misères et sourires

 

Près d'une gare qui dessert le nord et l'est du Bengale, les missionnaires de la Charité ont ouvert un dispensaire. En y arrivant la première fois, je ne pouvais pas ne pas être frappé par cet aspect de "cour des miracles" au double sens du mot : viennent là des personnes ‑ j'ai remarqué surtout les enfants ‑ couverts de plaies. Qui accueille ? Des sœurs-sourire qui m'ont donné l'impression d’apporter ainsi le vrai remède.

 

MARIAPOLI

 

Nous y arrivions en camion. Le chauffeur roulait tantôt au sommet de la digue, tantôt en contrebas et son incroyable dextérité se révélait autant par ses manœuvres audacieuses pour aller de bas en haut par des rampes à peine carrossables que par l'ingéniosité à changer une roue crevée sur un camion penché. Le Père Gabric, jésuite yougoslave, m’avouait qu'il fallait éviter la nuit, car des bandes incontrôlées pillent les convois.

 

SHANTINAGAR: centre de réinsertion des lépreux.

 

Un dimanche après-midi, nous avons conduit un lépreux à sa dernière demeure, prié et fleuri sa tombe. Pourtant tout le possible aura été tenté... Au retour de la sépulture, sœur François-Xavier me dit "Père, voulez vous assister à l'opération d'un lépreux ? Il faut lui couper les deux pointes des pieds ! ". J'accepte, non sans prévenir que je ne suis pas sûr de tenir devant les gestes du chirurgien, Celui-ci nous signale qu’à partir de la piqûre assurant l'anesthésie des membres inférieurs, il dispose de soixante-dix minutes environ nécessaires à ce genre d'intervention... Le patient hurle au moment de la péridurale. Radio sous les yeux, le chirurgien trace sous la plante du pied la partie à couper... Je lâche le masque et préfère sortir; seules les deux sœurs anesthésistes restent assister le praticien.

 

LES FRERES MISSIONNAIRES DE LA CHARITE : une branche masculine de Frères:

 

En février 1980, alors que frère Andrew était très accaparé par le chapitre de la congrégation, il accepta de me recevoir un moment. "Il y a aussi bien des misères en Europe, me dit-il, et j'aimerais bien y mettre des frères" "Venez à Paris, lui dis-je". Il y vint à Noël. Et Monseigneur Marty accepta volontiers que des frères viennent s'occuper des pauvres. Les frères arrivèrent en avril 1981.

La congrégation compte 89 maisons dont 47 en Inde et 42 hors de l'Inde. Les frères en principe, partent par deux fonder une maison. Ils sont maintenant 350 frères.

 

DENIGRENENTS

 

Un jour, à Calcutta, dans la cour de l'orphelinat, Mère Teresa me fit une réflexion, à laquelle visiblement elle attachait beaucoup d’importance. je lui parlais d’incompréhensions à l'égard de son œuvre. « Ne perdez pas une minute, me dit-elle, à répondre à des critiques négatives. Nous ne sommes pas impeccables, mais nous essayons de faire ce que nous pouvons. Pas de polémiques, jamais ». 

Notre entretien qui avait été assez long s'achevait et je me levais pour prendre congé d’elle. Elle reprit : « C'est entendu, père, vous ne perdrez pas une minute à répondre à du courrier ou des paroles qui dénigrent. » J'en conclus à son bon sens, d’emblée et toujours extrêmement positif et constructif ; et je ne l'ai jamais vue se tromper dans ses réactions et ses jugements. La finesse et l'expérience lui ont acquis une sagesse admirable.

 

SOURIRE

Un jour, à Rome, Mère Teresa me dit avec un ton plein d'humour‑ « Savez vous où j'ai fondé la deuxième maison en Allemagne de l'Est? ‑ à Karlmarxstadt ! ». Le 21 décembre 1989, c'est à Leningrad qu'elle put implanter sa cinquième maison en URSS, où tout avait commencé, l'année précédente, par la projection du filin "Mère Teresa" qui avait reçu le plus chaleureux accueil. En juillet 1988, Mère Teresa était invitée à Moscou, où le problème de l'implantation d’une maison fut évoqué. L'occasion ne s'offrait elle pas ? Mère Teresa fut autorisée à ouvrir deux maisons, l'une en Arménie, l'autre à Moscou « ... pour six mois ... à l'essai », lui diton. Au bout de six mois, non seulement on l'assura de garder ouverts ces deux centres, mais on lui permit d'établir en URSS jusqu'à dix maisons. « Essai transformé ! » diraient nos jeunes rugbymen.

 

AMOUR ET HUMOUR

 

Combien de personnes ont avoué avoir été bouleversées par un simple et rapide entretien avec elle ! Comme elle n'écrira certainement pas ses Mémoires, il vaut mieux s'arrêter à ce qu'elle fait passer de son coeur et qui révèle toujours une âme intimement liée à Dieu et voulant tout faire pour Lui, dans l'humble quotidien. Par exemple, j'ai admiré comment elle se trouvait à l'aise, aussi bien en partant vers le salon du Président de la République, qu'en accomplissant les plus humbles tâches au couvent.

 

J'ai vu son visage plus serein après un office religieux, comme si elle s'y déchargeait sur Dieu de tout souci. Attendant au parloir du noviciat, je l'entendais derrière la cloison déclencher le rire de son auditoire, à la table où elle partageait le repas de la communauté.

 

Le temps lui est précieux : à peine assise dans l'avion où l'on m’avait permis de l'accompagner pour porter son sac, elle se plongea dans son courrier. Mais le meilleur temps est consacré à la prière. La conduisant en voiture d’Orléans à Roissy, elle m'a demandé une demi-heure de silence pour l’oraison du matin. Sa présence d’esprit s'allie à l'exercice de sa foi. Ce soir là, il restait peu de temps entre le départ de l'Élysée et Orly sud, où l’avion partait pour Marseille. Au vu des prouesses des motards dont les slaloms m’épouvantaient, elle dit simplement : « Les motards risquent leur vie pour nous... nous allons dire le chapelet pour eux! ». Et c'est ce que nous fîmes dans la voiture de l'Élysée... En arrivant à Orly, elle tint à saluer les motards : « ‑Combien  d’enfants avez vous, monsieur? ‑Quatre.

‑ Et vous, monsieur ? ‑ Deux ! ‑Je les bénis tous ».

 

OSLO Nobel de la paix  

 

Parmi les étapes de cette grande aventure, Mère Teresa a connu les honneurs ‑le 10 décembre 1979, elle reçut le plus prestigieux de tous les prix, le Nobel de la paix.Invité à la cérémonie, j'ai pu découvrir à quel point les vrais grands savent rester humbles ; aux réceptions officielles comme lors des réunions privées, Mère Teresa étonna par son égal sourire ; elle ne savait que remercier tous ceux qui l'aidaient à secourir « les plus pauvres parmi les pauvres », confirmant la première idée qui lui était venue en apprenant la nouvelle, deux mois plus tôt à Calcutta: « Nous pourrons construire de nouveaux pavillons pour nos lépreux. »

 

La première réception officielle eut lieu à l'ambassade de l'Inde en Norvège, dont le salon se révéla trop petit pour accueillir les invités. La finesse indienne et la courtoisie de nos hôtes mirent tout naturellement à l'aise les nombreux amis de Mère Teresa, venus de tous les points du monde. En effet, elle était arrivée quelques heures plus tôt, avec son frère Lazare et la fille de celui-ci, accompagnée également de ses deux premières religieuses, Agnès et Gertrude. Elles avaient connu les rudes débuts. Mère Teresa tenait à les avoir auprès «elle en cette heure où ‑ dit elle durant son discours ‑ ce n'était pas elle qui était récompensée, mais la cause des « plus pauvres parmi les pauvres » reconnue.

 

Après cette réception, une cérémonie fort émouvante se déroula à la cathédrale luthérienne : discours et temps de prière répondaient aux chants de la splendide chorale d’enfants qui se dépassa dans l'Alléluia du "Messie" d’Haendel. Et les ovations saluèrent longuement Mère Teresa, quand elle sortit pour la procession aux flambeaux qui prolongea ce temps de prière dans les rues de la capitale.

 

Le lendemain, dimanche 7, la journée commença par la messe célébrée par l'évêque de Skopje en la cathédrale catholique. Dans une salle voisine, Mère Teresa laissa déborder son coeur, et beaucoup d’amis vinrent personnellement la féliciter. L'après-midi, elle fut accaparée par diverses rencontres et interviews. Elle ne cacha pas sa joie de nous retrouver, nous, la famille des coopérateurs qu'elle avait invités pour nous parler de la nécessité de l'amour dans le service.

 

Alors, plus que tout discours, son immense bonté nous plongeait dans l'admiration et l'action de grâces. Au matin du 10, c'est avec l'évêque de Skopje et son secrétaire que je vis Mère Teresa, heureuse de retrouver son pays natal, dont elle avait oublié quelque peu après cinquante ans d’absence, l'évolution linguistique. Puis elle tint à rester seule en prière, dans l'attente de la remise officielle du Prix Nobel, à 13 heures.

 

Les 2 500 invités, l'orchestre, le jury, tout se mettait en place. On devine le tonnerre d’applaudissements qui l'accueillit, quand elle arriva, entourée de son frère, de sa nièce et de ses deux premières compagnes. Le silence retomba pour l'accueil du roi Olaf V. Il revenait au président du jury Nobel, le docteur Sanness, d'exposer les raisons qui avaient motivé le choix de la personnalité de Mère Teresa pour le Nobel de la paix 1979. En cette fin d’année internationale de l'enfant, il insista sur le mérite immense de cette Mère qui avait sauvé tant d’enfants, et parfois dans des conditions dramatiques.

 

L'orchestre joua un morceau de Grieg : "Gratitude". Suivit l'instant solennel et émouvant de la remise du diplôme et de la médaille. Puis Mère Teresa monta à la tribune. Ses premiers mots invitèrent tout l'auditoire à prier: « Seigneur, fais de moi l'instrument de ta paix... ». Un hymne à la paix, effectivement, monta de tous les cœurs. Puis la Mère nous donna en Jésus-Christ le modèle même de l'Amour :

 

« Personnellement, je ne suis pas digne de cette récompense, car j'ai fait vœu de pauvreté pour comprendre les pauvres et j'ai choisi la pauvreté de ceux qui souffrent. Mais je suis reconnaissante et très heureuse de la recevoir au nom de ceux qui ont faim, qui sont nus, qui sont sans abris... »

 

Comme toujours, son discours ‑ qui avait duré dix-huit minutes sans qu'elle regardât un instant son papier ‑ se termina par " God bless you ! " (Dieuvous bénisse!). Trois minutes d'applaudissements nourris révélèrent l'indescriptible émotion de tous les officiels et des nombreux amis invités. L'hymne de Bach "Louange à‑ Dieu" clôtura la cérémonie. A la demande de Mère Teresa, le jury Nobel accepta d'offrir le prix du dîner officiel pour les pauvres. Toutefois, un discret verre de l’amitié rassembla, à l'hôtel Continental, autour de Mère Teresa ses proches et ses amis.

 

Au moment de prendre congé d'elle, le mardi 11, avant qu'elle ne reparte elle-même rencontrer le Saint-Père, à Rome, elle me dit ces simples mots en guise d’au revoir: « Soyez porteur de l'amour, de la paix et de la joie deJésus! »

 

De 1977 à 1991 Christian a sillonné la France au service de l'Œuvre de Mère Teresa, organisant des conférences avec diapositives, accompagnant des jeunes qui se préparent à partir en Inde ou ailleurs, avec les Missionnaires de la Charité.

 

En 1991 retour au diocèse de Luçon. Christian aurait aimé enseigner à nouveau. Sa passion pour l'annonce de l'évangile, il lui est demandé de la vivre en paroisse et c'est à Saint Prouant et Rochetrejoux.

 

En l'an 2000, Christian accepte d'être envoyé à Chalais, au diocèse d'Angoulême.

Retour  à  Luçon en 2011. Au chapitre cathédral.

Aumônerie de divers groupes. Ordre de Malte.

Et  à l’hopital de Luçon.

Messe au Carmel.

Commentaire  quotidien de l’évangile  sur Internet.

 

LECTURES :

En  référence à la canonisation de Mère Teresa, prévue pour septembre 2016,  lire « Tout pour Jésus »,  par Christian Daleau, livrefnac.com, mais aussi «  Flashes sur la Bible » et  « La Bible en résumé »,  l’un et l’autre livre chez Téqui, éditeur.

 

 

Notice rédigée  d’après le livre « Tout pour Jésus.»