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bonjour. je suis b.b j habite à kenenda relizane algérie je cherche des villes photos de mon village..ci il y
Par Anonyme, le 13.06.2023
bonjour avez vous des photos de le region de palistro-miner ville
Par Anonyme, le 20.09.2022
émouvant le père de françois de l'espinay un prêtre du temps de son passage a beauvoir sur mer qui ma fait réc
Par lysiane barreteau, le 21.12.2021
merci à jacques pour son blog que j'ai lu assidûment et qui est bien argumenté.
m oi je suis arrivé en algéri
Par Anonyme, le 20.10.2021
je m'appelle jennifer leroi veuve française née le 16 juin 1952. je dispose sur un compte bloqué à la banque b
Par belleto, le 24.07.2020
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Date de création : 15.05.2012
Dernière mise à jour :
12.01.2020
73 articles
L’association LA PACIFIQUE à La Tranche sur Mer.
Soixante ans de service et de solidarité, c’est ce que fêtait le samedi 1° juillet 2017 l’association La Pacifique. Madeleine David se souvient. Elle a été cadre de Direction en charge de l'Action Sociale à la Caisse d’Allocations Familiales de Vendée : « C'était il y a 60 ans, les enfants de l’orphelinat de Curzon n’aurait-il pas le droit eux aussi d’aller en colonie de vacances ? Forts de ce projet le père Pierre HUVELIN, puis le père Maurice BRETAUDEAU ont frappé à la porte de la Caisse d'Allocations pour s'engager dans une aventure de bâtisseurs d'avenir. Au fil du temps la "colo" s'est améliorée et i les dortoirs sont devenus des appartements, car l'idée d'accueillir des adultes avec leurs enfants a été mise en œuvre.
Une monitrice des années 66 et après, Thérèse Morinière, devenue en religion Prieure du Carmel de Nantes explique par mail. «. La Colonie la Pacifique vivait ses premières années avec les enfants du Logis sainte Marguerite à Curzon. Un jour que je me promenais avec quelques lurons de cette maison d’enfants, en traversant le bois qui nous conduisait à la plage d’en face, là où il était interdit de se baigner, donc nous étions pratiquement seuls, ce jour là une voix étrange me murmura des mots étonnants à l’oreille. Les enfants s’étaient arrêtés pour jouer dans le bois et tout en gardant un œil sur eux, je prêtai l’oreille au chant du vent. Ecoute, me sifflait il, écoute le silence de cet endroit, il est fait pour permettre à ces jeunes enfants, blessés par la vie, d’avoir un havre de paix. Là ils oublient pour un moment les malheurs de la vie qui sont venus les rejoindre bien trop tôt. Alors je contemplais les visages de Jean, Philippe, Christian, Béatrice, Jeanine, et de tant d’autres qui reflétaient une joie de vivre correspondant à l’innocence de l’enfant heureux. »
En 2017 qu’en est-il ? Aujourd’hui la Pacifique accueille aussi des adultes, des personnes et familles de toutes origines et condition sociale. Ce ne sont plus Jean, Philippe, Christian, Béatrice, Jeanine, mais Mohammed, Yasshime, Abdallah, Lakdar, Larbi, Etham, et bien d’autres, qui ont accès aux nombreuses animations proposées par les bénévoles et permanents de la saison d’été à Pacifique.
Parmi ces activités une sortie en mer en juillet-août sous le pavillon de l’association « Cap Vrai. » A leur arrivée pour une semaine à La Tranche sur Mer, un groupe de 5 personnes se constitue et s’inscrit pour une sortie à la voile le mercredi. Aux Sables d’Olonne qu’ils rejoignent par le bus ou en voiture particulière. Un skipper les accueille à l’entrée des pontons de Port Olona. A pied on se rend ensemble à la capitainerie pour vérifier l’état de la mer et la météo marine. Arrêt devant le tout nouveau bateau de sauvetage de la SNSM (Société Nationale des Sauveteurs en Mer), amarré entre le port et la haute mer, prêt à larguer les amarres en cas d’appel au secours. Puis le petit équipage franchit le portillon qui donne accès au ponton B. Première sensation, ça bouge sous les pas de ces futurs équipiers, et ça bougera encore plus quand chacun à son tour va attraper les haubans pour se hisser sur ce voilier de 9 mètres, amarré à la place 57. On s’asseoit pour essayer les gilets de sauvetage, conseillés pour tous et obligatoires pour les enfants. Les harnais que l’on sort en cas de gros temps reste au fond d’un coffre. Présentation du bateau : le mat, les voiles, les manivelles et ces amarres, drisses, bouts, écoutes qui courent sur le pont et dans le cockpit. La barre qui invite à fredonner « Tiens bon la barre et tiens bon le vent, hisse et O… » Trois ou quatre marches pour descendre à l’intérieur : coin cuisine avec four, banquettes avec espace de couchage pour 6 personnes, WC marins, instruments de navigation, WHS pour appeler au secours, GPS pour prévoir une route en mer, sondeur pour la hauteur d’eau sous le bateau qui a toujours besoin d’un minimum de 2 m 50 d’eau en raison de sa quille d’ 1 mètre 80. « On ne croyait pas que c’était si grand ». Sur le cahier de bord sont inscrits les noms de tous les passagers qui vont devenir des équipiers car il faut des bras pour hisser la voile, la changer de côté dans ce qu’on appelle un virement de bord.
On n’a pas le droit de faire route à la voile tant qu’on est dans le port, alors on sort au moteur dans le chenal où s’engouffre la marée montante. Passage au pied de la tour d’Arundel qui veille depuis des siècles sur tout ce qui entre ou sort de ce port. Au-delà de la grande et de la petite jetée, c’est le moment de hisser les voiles. Plus de bruit de moteur, seulement le souffle du vent et le bruit de l’eau sur la coque. Quelques goélands viennent planer au-dessus de nos têtes à la recherche de quelque appât qu’ils trouveront plutôt dans le sillage d’un bateau de pêche. Le vent gonfle les voiles, le bateau gite un peu. Pas de risque de chavirage : une quille d’une tonne, à 1mètre 80 sous le bateau, est une garantie d’équilibre. Rencontre des bouées, la première signale un danger isolé ancien : un bateau coulé pendant la guerre de 1939-45, du nom de Jean-Marthe, puis deux bouées délimitant par le nord et par le sud une zone rocheuse, le Nouch. Les jetées, le port et la plage s’évanouissent et c’est le grand large. Avec des voiles bien réglées et un cap assuré le skipper peut donner la barre à qui veut bien la prendre. Si la houle soulève quelque estomac, de petits sachets de plastique recueillent ce que l’on serait tenté de donner à manger aux poissons. Pour une première sortie une heure ou deux en mer est déjà une expérience richissime.
Retour au port. On remet les amarres. Bien assis, entre la barre et le mat, entourés par les autres bateaux qui dorment de chaque côté du ponton, on sort les casse-croutes. Le stress est tombé et les conversations commencent. Jeune ou adulte qu’est ce que tu fais dans la vie, ose demander le skipper? Collège, lycée, femme de ménage, travail en usine, recherche d’emploi : les cas de figure ne manquent pas. Et vous skipper, qu’est ce que vous faisiez avant la retraite ? La réponse surprend Mohammed, Yasshime, Abdallah, Yassime, Lakdar, quand il leur explique qu’il est prêtre de l’Eglise catholique. » Mais la sortie en mer est réussie et la confiance se fait réciproque. Signe d’une identité, cette jeune fille accompagnée par son papa a choisi de garder le voile, même quand elle tient la barre avec le skipper. Une autre: « moi, je n’ai pas de religion ». L’an passé, alors que tous mangeaient d’un bon appétit, cette mère de famille s’abstenait pour cause de Ramadan. A partir de l’expérience d’être « tous dans le même bateau » un dialogue interreligieux s’établit naturellement. Mais il est temps de ranger à gilets de sauvetage et tout ce qui avait bougé au fond du bateau lors des changements de bord. De retour à la Pacifique, et plus encore après le séjour à La Pacifique, jeunes et adultes, dans les banlieues de leur quotidien, pourront encore faire apparaitre de belles images de mer sur le téléphone portable. A la rentrée au collège, au lycée, au travail ou sans emploi, filles et garçons continueront de se parler entre gens si différents. A port Olona le carnet de bord du voilier conserve les prénoms de Mustafa, Emveur, Esmeralda, Noémi, Larbi, Etham, Chloé.
C’était la sortie du mercredi, mais chaque jour à La Pacifique, avec le personnel et des bénévoles, l’expérience de la rencontre développe la chance du vivre ensemble. Le 1° juillet M Pierre LEVENE, président de la fondation Caritas France avait expliqué « Les lieux pour accueillir les populations les plus fragiles ne sont pas très nombreux. Le tourisme social s'adresse plutôt à des classes sociales un peu plus insérées. Ce lieu est donc essentiel pour permettre à des familles ou des personnes isolées de se reposer, se reconstruire au milieu d'un parcours parfois rude. » M Coste président du conseil d’administration de la CAF en Vendée ajoutait : »La Pacifique, une association "pacifique" et humaine," fondée sur le principe civique respectant l'Homme et son environnement naturel dans toutes ses dimensions ou composantes. » La Pacifique, d’année en année, reste un phare pour le dialogue des cultures et un partage intégrant nos différences.